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// Communiqué de presse

Encadrement de l’alcool : qui demande réellement des nouvelles stratégies commerciales ?

Montréal, 21 mai 2026 — Alors que le gouvernement du Québec poursuit sa réflexion sur la modernisation de l’encadrement de l’alcool, un récent sondage Léger réalisé pour l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) révèle un décalage important entre les attentes de la population québécoise et les orientations mises de l’avant par le gouvernement et la Société des alcools du Québec (SAQ). Selon les données, la population souhaite majoritairement un encadrement centré sur la protection de la santé publique plutôt que sur l’expansion commerciale de l’alcool.

Ces résultats contrastent avec les orientations défendues par le ministre des Finances et ministre responsable de la SAQ, M. Éric Girard, ainsi que par le président-directeur général de la SAQ, M. Jacques Farcy, lors de l’étude des crédits budgétaires du 13 mai dernier. Les échanges ont notamment mis l’accent sur les impératifs d’évolution commerciale de la société d’État.

Une population favorable à un virage axé sur la santé

Le sondage réalisé auprès de 1 050 adultes révèle que :

  • Près de 4 personnes sur 5 sont favorables à l’intégration de mesures de protection de la santé dans l’encadrement de l’alcool au Québec, et plus d’une personne sur deux estime que ces mesures auraient un effet positif sur la santé publique ;
  • 76 % des personnes sont en désaccord avec l’idée que la SAQ développe des stratégies visant à augmenter le nombre de personnes consommatrices d’alcool ;
  • 3 personnes sur 5 estiment que la livraison d’alcool à domicile par des plateformes tierces, comme Uber Eats, ainsi que l’implantation de zones SAQ, influencent la consommation d’alcool au sein de la population.

Pour l’ASPQ, ces données remettent en question l’idée selon laquelle la population souhaiterait une expansion commerciale de la SAQ. L’ASPQ se questionne également sur les « attentes des consommateurs » invoquées par le gouvernement pour justifier de tels changements, une réalité qui ne semble pas refléter fidèlement les préoccupations exprimées par la population québécoise.
 
Des priorités claires pour la santé publique

Appuyée par plus d’une vingtaine de partenaires issus des milieux de la santé, du communautaire et de la recherche, l’ASPQ a déposé le 15 mai dernier un mémoire au Comité interministériel du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE).

Le mémoire propose sept axes structurants pour placer la santé publique au cœur de la modernisation, notamment l’adoption d’une loi-cadre axée sur la santé et l’équité, le financement de la prévention à même les revenus de l’alcool, l’adaptation de la SAQ en outil de protection du public, l’encadrement du marketing, l’instauration d’un prix minimum par verre standard et les informations et mises en garde sur les produits.

« La convergence entre les attentes de la population et les recommandations du milieu de la santé publique représente une occasion historique pour le gouvernement d’ouvrir le dialogue et d’adopter une réglementation à la hauteur des enjeux. Les données démontrent clairement que la population ne demande pas une expansion commerciale de la SAQ, mais plutôt un encadrement plus responsable et davantage axé sur la santé », ajoute Laurence Ruel, chargée de projet à l’ASPQ.