
Montréal, 10 septembre 2026 – Près de trois personnes en emploi sur quatre au Québec (72 %) affirment avoir ressenti au moins un effet des fortes chaleurs au cours des trois dernières années, révèle un sondage Léger réalisé pour l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ). Dans le cadre des élections québécoises, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et l’ASPQ, membres de la Coalition québécoise pour un droit à la fraîcheur, demandent aux partis de prendre des engagements concrets pour mieux protéger les personnes exposées à la chaleur au travail.
Parmi les effets les plus fréquemment rapportés, 39 % indiquent davantage de fatigue ou de difficultés de concentration, 36 % mentionnent de la soif ou des symptômes de déshydratation et 32 % rapportent une baisse de motivation au travail.
Au-delà des effets sur la santé et le bien-être, la chaleur peut aussi compromettre directement la capacité à travailler : 22 % des personnes en emploi indiquent que leur travail était plus difficile à accomplir ou était de moins bonne qualité lors des périodes de fortes chaleurs.
« Quand près de trois personnes en emploi sur quatre nous disent que la chaleur affecte déjà leur quotidien au travail, on ne parle plus d’un problème futur. La chaleur a des conséquences réelles sur la santé, la concentration et les conditions de travail. Il faut maintenant adapter nos milieux de travail à cette nouvelle réalité », souligne Patrick Rondeau, directeur du service Environnement et Transition juste à la FTQ.
Le sondage montre que 54 % de la population estime que le gouvernement du Québec devrait en faire davantage pour assurer la sécurité des travailleurs dans les secteurs particulièrement exposés à la chaleur, notamment l’agriculture, la construction et l’événementiel.
Cette proportion atteint 62 % chez les femmes et chez les locataires. À noter que ces deux groupes peuvent être davantage à risque de subir les effets cumulatifs de la chaleur.
« Les travailleurs et travailleuses qui œuvrent à l’extérieur comme dans le milieu de la construction sont évidemment parmi les premiers concernés, mais la chaleur au travail ne s’arrête pas à la porte d’un chantier. Elle touche aussi des personnes qui passent leurs journées dans des écoles, des établissements de santé, des résidences pour aînés ou d’autres bâtiments susceptibles de surchauffer. La prévention doit couvrir l’ensemble des milieux de travail », ajoute M. Rondeau.
L’adaptation des bâtiments publics ressort comme la première mesure que la population souhaite voir priorisée par le gouvernement du Québec pour limiter les effets néfastes de la chaleur.
Selon le sondage, 68 % des personnes répondantes choisissent l’adaptation des écoles, des hôpitaux, des résidences pour personnes âgées, des bibliothèques et des autres bâtiments publics afin qu’ils demeurent plus frais lors d’épisodes de fortes chaleurs.
Cette priorité est particulièrement importante parce qu’elle permet d’agir tant sur la santé des populations qui fréquentent ces lieux que sur les conditions de travail des personnes qui y passent leurs journées.
« Adapter les bâtiments publics à la chaleur, c’est protéger à la fois les personnes qui les fréquentent et celles qui y travaillent. Il faut sortir d’une logique où l’on réagit seulement lorsqu’un épisode de chaleur survient et intégrer la prévention dans la rénovation, la conception et la gestion de nos bâtiments. C’est une façon très concrète de donner vie au droit à la fraîcheur », constate Cyril Frazao, directeur santé et climat à l’ASPQ.
Ces résultats s’inscrivent dans la démarche de la Coalition qui révélait récemment que 74 % de la population appuie la reconnaissance d’un droit à la fraîcheur au Québec.
Pour la Coalition, les partis politiques doivent maintenant préciser comment ils comptent traduire ce principe en mesures concrètes. Les membres leur demandent notamment de s’engager à :
« Le débat électoral doit maintenant permettre de passer du constat aux solutions concrètes. Les données sont claires : il faut mieux protéger les travailleurs et travailleuses et adapter nos bâtiments aux fortes chaleurs. Nous voulons maintenant entendre les partis sur les mesures qu’ils comptent mettre en oeuvre pour garantir à toutes et tous des conditions de vie et de travail sécuritaires face à une chaleur qui s’intensifie avec les changements climatiques », conclut M. Frazao.
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La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.
L’ASPQ regroupe citoyens et partenaires pour faire de la santé durable, par la prévention, une priorité. L’ASPQ soutient le développement social et économique par la promotion d’une conception durable de la santé et du bien-être. La santé durable s’appuie sur une vision à long terme qui, tout en fournissant des soins à tous, s’assure aussi de les garder en santé par la prévention. www.aspq.org.
Créée en mai 2026 à l’initiative de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), la Coalition québécoise pour un droit à la fraîcheur est une initiative intersectorielle visant à mieux protéger la population face aux risques croissants liés à la chaleur, amplifiés par les changements climatiques.
La Coalition regroupe l’ASPQ, l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et pré-retraitées (AQDR), Bâtiment durable Québec (BDQ), la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et le Regroupement des offices d’habitation du Québec (ROHQ). Elle est également appuyée par plusieurs partenaires issus de divers secteurs.
Jean Laverdière, Conseiller – Service des communications
Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ)
Cellulaire : 514-893-7809 — Courriel : jlaverdiere@ftq.qc.ca
Véra Ferret, Directrice des communications et responsable des relations publiques
Association pour la santé publique du Québec
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