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Situation au Québec

L’alcool fait partie de la vie des Québécois. Il est utilisé pour célébrer, socialiser, se détendre, se faire plaisir, réduire le stress et, même, pour éloigner temporairement certains problèmes. Il est si présent qu’on oublie qu’il agit sur le système nerveux, la perception, l’humeur et la conscience, au point parfois de les modifier d’une manière permanente.

Chez les adultes 

  • En 2015-2016, 84 % des hommes et 79 % des femmes consomment de l’alcool, ce qui en fait la province où le nombre de consommateurs est le plus élevé [1]. Même si les hommes sont encore plus nombreux à boire que les femmes, cette différence de consommation tend à diminuer.
  • En 2018, 21% des consommateurs de 12 ans et plus déclarent avoir consommé de manière abusive, c’est-à-dire boire, au moins une fois par mois, plus de cinq verres en une occasion pour les hommes et quatre verres pour les femmes. On observe davantage d’abus d’alcool chez les 18-34 ans [2].

Chez les femmes enceintes

  • Boire de lalcool pendant la grossesse est risqué pour le fœtus. Des difficultés légères jusqu’à un handicap important peuvent en découler. C’est ce que l’on nomme les troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale.
  • Depuis plus de 10 ans, aucune statistique québécoise sur la consommation d’alcool pendant la grossesse n’a été publiée.
  • Selon différentes enquêtes menées de 2005 à 2008, entre 17 % et 36 % des femmes  admettent en avoir consommé alors qu’elles étaient enceintes [3].

Chez les adolescents 

Selon l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2016-2017 [4] :

  • Plus d’un élève du secondaire sur deux (53 %) a consommé de l’alcool au cours des 12 derniers mois ;
  • 81% des élèves de 5e secondaire consomment de l’alcool ;
  • Plus de 3 élèves sur 10 avouent avoir consommé de manière excessive.

Conduite avec facultés affaiblies

  • Alcool et conduite automobile ne font pas bon ménage. Il brouille les perceptions, les réflexes et la concentration. Il peut aussi troubler la vision et causer des étourdissements.
  • Le risque de mourir dans un accident de la route est multiplié par 6 avec un taux d’alcool dans le sang qui dépasse 0,05 [5].
  • À l’exception du Québec, toutes les provinces canadiennes sanctionnent les conducteurs dont le taux d’alcool dans le sang dépasse 0,05. Au Québec, seuls les jeunes conducteurs et les conducteurs de véhicules lourds ont des limites inférieures à 0,08.
  • L’alcool au volant est un tueur important, surtout chez les jeunes de 16 à 34 ans. En 2018, plus de 20 % des conducteurs décédés ayant subi un test d’alcoolémie dépassaient  la limite légale de 0,08 [6] ;
  • Selon un sondage mené dans le temps des Fêtes 2019 par Alco Prévention Canada, plus de la moitié des personnes dont le taux d’alcool dans le sang était supérieur à 0,08 ignoraient qu’ils dépassaient la limite permise [7].

Publicité et promotion

Nous sommes tous exposés, consciemment ou inconsciemment, à de nombreuses publicités et promotions d’alcool. Elles sont partout!

  • On les retrouve dans les commerces, sur des abribus, dans des vitrines de dépanneurs ou de succursales de la SAQ, sur des panneaux d’autoroute, sur des colonnes de rue, dans les arénas, dans le métro, etc.
  • La publicité s’invite aussi dans nos maisons par la radio, la télévision, internet ou encore dans les circulaires.
  • Quelque deux millions de Québécois, membres du programme Inspire de la SAQ, reçoivent chaque semaine des promotions ciblées et personnalisées les incitant à acheter des produits.
  • Des influenceurs sur les médias sociaux, des émissions de services et des chroniqueurs connus contribuent aussi à la promotion des vins, de la bière et d’autres boissons.
  • Nos enfants et les personnes qui luttent contre une dépendance sont aussi exposés à ce marketing intensif.
  • La publicité de l’alcool a un impact sur la quantité consommée, particulièrement chez les gros buveurs [8].
  • Les adolescents exposés à la publicité d’alcool commencent à en boire plus jeunes que les autres [9].

L'alcool en chiffres

+ de 3 milliards $

Coûts sociaux et de santé liés à la consommation d’alcool au Québec

53 %

Pourcentage des jeunes du secondaire qui ont déjà consommé de l’alcool au cours de leur vie en 2016-2017

214

Nombre de Québécois de 12 à 24 ans qui doivent être amenés à l’urgence chaque mois à cause d’une intoxication à l’alcool

Le saviez-vous?

  • L’alcool est obtenu par la fermentation de certains fruits ou de certaines céréales ou encore par distillation d’un liquide fermenté. Il se retrouve dans une variété de boissons comme la bière, le vin, le cidre et les spiritueux.
  • La consommation d’alcool est associée à plus de 200 problèmes sociaux et de santé [10].  Toute consommation régulière d’alcool, même faible, peut nuire à la santé [11].
  • Certains experts recommandent de fixer le niveau de consommation à plus faible risque à moins d’un verre par jour pour les hommes comme pour les femmes [12].
  • En 2018, au Québec, le taux d’hospitalisation en raison de l’alcool s’élève à 211 pour 100 000 habitants, soit un taux légèrement inférieur à la moyenne canadienne de 259 [13]. Du 1er janvier au 26 novembre 2017, les services d’urgence ont traité 2 332 jeunes âgés de 12 à 24 ans en raison d’intoxications aiguës à l’alcool. C’est 214 cas par mois, 49 par semaine ou 7 par jour [14].
  • L’alcool coûte plus cher à l’État québécois qu’il ne lui rapporte. Annuellement, les coûts sociaux et de santé de la consommation d’alcool se chiffrent à plus de 3 milliards de dollars [15,16]. Les profits engrangés par la Société des alcools du Québec (SAQ), les emplois et les taxes ne compensent pas ces méfaits [17]

Nos objectifs

Sensibiliser les Québécois.es à l’omniprésence des publicités d’alcool et les jeunes femmes au risque du trouble du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF).

Appuyer le retrait des publicités d’alcool sur la place publique;  imposer un prix minimum sur tous les produits alcoolisés; et abaisser la limite permise d’alcool dans le sang à 0,05 mg pour 100 ml.

Surveiller les pratiques publicitaires et promotionnelles de l’industrie qui contreviennent aux règlementations.

Nos actions

En avril 2020, Nous avons mené un sondage sur les changements d’habitudes de consommation d’alcool et de cannabis, dans les deux semaines suivant l’annonce de l’état d’urgence sanitaire, dont voici les faits saillants.

2020_Infographie_alcool_cannabis

Octobre 2020

Projet de loi n° 72 : Considérer les externalités négatives de l’alcool est essentiel à une relance économique fructueuse et sécuritaire. Mémoire présenté à la Commission des institutions Assemblée nationale, 42e législature, 1re session

2020-10-30_alcool_pl72_livraison-permis-ventes_memoireaspq

Février 2016

Projet de Loi 88: Encadrement, prudence et prévention - L’influence de l'alcool sur la santé des Québécois

Mémoire PL88 encadrement alcool

Septembre 2015

État de situation - L’alcool au quotidien - Un facteur de risque majeur en santé publique

Février 2019

Participation aux consultations sur les mesures de restriction proposées concernant les boissons alcoolisées et aromatisées et dépôt du mémoire Alcopops – Jeunesse sacrifiée et filles ciblées

Février 2019

Participation au symposium canadien « Changing the Conversation » sur les troubles de l’alcoolisation fœtale du Canada Northwest FASD Partnership

Changing the Conversation

Mai 2018

Participation au Comité permanent de la santé de la Chambre des communes et dépôt de recommandations Les dangers des boissons ayant une combinaison d’alcool à teneur élevée, de caféine et de sucre

Comité permanent de la santé, ASPQ 2018

Avril 2018

Présentation du mémoire déposé dans le cadre des Consultations particulières et auditions sur le projet de loi no 170 et dépôt du mémoire Avertissement — Consommer de l’alcool comporte des risques pour votre santé

Commission parlementaire PL170, ASPQ 2018

Février 2018

Mémoire déposé dans le cadre des Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi no 165 et dépôt du mémoire 0,05 par prudence… pour la vie

Mémoire limite alcoolémie 0.05

2016

Participation aux consultations du ministère de la Santé et des Services sociaux concernant l’avis de santé publique sur la consommation d’alcool pendant la grossesse et les Troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF)

2015

Participation au réseau sur les Troubles du spectre de l’alcoolémie fœtale

2015

Organisation d’une journée thématique dans le cadre des Journées annuelles de santé publique, les 8 et 9 décembre 2015, à l’hôtel Bonaventure de Montréal sur la thématique de la consommation d’alcool « Prendre un verre, prendre un coup. Débanaliser et agir! »

Journée alcool, JASP 2015

5

Killoran, A. Canning, U. Doyl, N. & Sheppard, L. (2010). Review of effectiveness of Laws Limiting Blood Alcohol Concentration Levels to Reduce AlcoholRelated Road Injuries and Deaths, National Institute for Health and Clinical Excellence, Londres, Angleterre.

Rapport National Institute for Health and Clinical Excellence

6

Société de l'assurance automobile du Québec (2019). Bilan routier 2018.

Bilan routier 2018

8

OCDE (2015). Lutter contre la consommation nocive d’alcool : Politiques économiques et de santé publique.

Rapport OCDE

10

World Health Organization (2018). Global Status Report on Alcohol and Health 2018.

Rapport OMS

12

Sherk A, Thomas G., Churchill S. & T. Stockwell (2020). Does Drinking Within Low-Risk Guidelines Prevent Harm? Implications for High-Income Countries Using the International Model of Alcohol Harms and Policies. Journal of Studies on Alcohol and Drugs, 81(3), 352–361.

Does Drinking Within Low-Risk Guidelines Prevent Harm?

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