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Des défis amplifiés par la pandémie

Un système de soins qui déborde

Notre système de soins n’arrive plus à répondre aux besoins dans des délais raisonnables et, comme nous l’a démontré la pandémie, il devient vite débordé et menacé quand la demande augmente. Deux solutions sont possibles : tenter d’augmenter les services malgré les ressources et la main-d’œuvre limitées ou s’activer à réduire les besoins de traitements en diminuant les traumatismes et les maladies évitables.

Cette deuxième option, qui mise davantage sur la prévention et la promotion de la santé, est généralement très peu considérée par les élu.e.s malgré son potentiel. Pour ce faire, la santé publique est une alliée de taille. Sa capacité est néanmoins limitée par un sous-financement chronique au Québec par rapport aux autres provinces canadiennes et aux pays de l’OCDE.

De saines habitudes de vie à soutenir

Environ 7 maladies chroniques sur 10, dont 80 % des maladies du cœur et environ 40 % des cancers, sont évitables par un mode de vie sain. Alors que notre système de soins n’arrive plus à répondre aux besoins, que nos entreprises manquent de bras et que l’on aspire à une vie productive et agréable à tous les âges, soutenir davantage l’acquisition et le maintien des saines habitudes de vie est incontournable.

La pandémie a intensifié ce besoin qui était déjà criant bien avant elle. D’une part, certaines personnes ont eu recours à des stratégies « béquilles » telles que la hausse de la consommation d’alcool (même chez les femmes enceintes), de cannabis, de malbouffe et de temps d’écran pour surmonter les difficultés. D’autre part, l’activité physique a aussi été réduite pour plusieurs. Non seulement cette pause du mode de vie sain a eu des effets sur la santé physique et mentale de plusieurs, mais certaines « habitudes pandémiques » sont aussi restées.

Enfin, le mauvais cocktail du stress, de l’isolement et de la consommation de substances, en particulier l’alcool, ont aussi joué un rôle dans la croissance de la violence conjugale et familiale, un problème qui s’est révélé particulièrement criant chez les jeunes femmes. La consommation d’alcool doit faire partie des stratégies visant l’acquisition et le maintien de saines habitudes de vie pour en réduire les méfaits.

Des inégalités à mitiger

Nous n’étions pas égaux face à la pandémie. La crise de la COVID-19 a révélé et amplifié plusieurs problématiques sociales et inégalités. Certains citoyen.ne.s ne bénéficient plus de conditions de vie décentes pour leur permettre de répondre à leurs besoins de base et à ceux de leur famille.

Parmi les causes de ces inégalités exacerbées, on note, entre autres :

  • un logement inadéquat ;
  • l’insécurité alimentaire en raison d’un revenu insuffisant ;
  • la persistance d’un statut d’immigration précaire.

Des données à partager en toute sécurité

Qu’il s’agisse de gérer une pandémie, de choisir le meilleur aménagement d’un lieu ou d’évaluer la performance du système de soins, il faut des connaissances complètes et à jour pour prendre des décisions éclairées. Ce savoir, qui permet d’être plus efficace et efficient, se développe grâce à des recherches réalisées sur des enjeux qui préoccupent la population québécoise et le gouvernement. Or, nos chercheuses et chercheurs ont présentement des bâtons dans les roues pour nous livrer rapidement les connaissances nécessaires : accéder aux données du gouvernement est long et ardu.

Tout en protégeant adéquatement l’identité des Québécois.es, il est incontournable de faciliter et d’accélérer les processus d’accès aux données anonymisées à des fins de recherche pour faire un meilleur usage de nos ressources publiques.

Une planète à protéger pour rester en santé

La santé humaine est directement liée à celle de l’environnement. La menace des changements climatiques et de l’expansion urbaine est grandissante. La pollution du sol, de l’eau et de l’air, la réduction des milieux naturels et agricoles ainsi que les variations du climat compromettent l’avenir de notre planète et peuvent causer des infections, des problèmes respiratoires, des cancers, des troubles cardiaques, des décès… et d’autres pandémies.

Pour rester en santé physiquement et mentalement, il nous faut un environnement sain.

Des engagements essentiels

La crise de la COVID-19 nous a montré à la dure l’importance de désengorger le système de soins ainsi que la pertinence de la santé publique. Elle a aussi laissé des traces sur la santé mentale et physique des Québécois·es et a révélé et amplifié plusieurs inégalités sociales et de santé. Le prochain gouvernement du Québec devra s’y attaquer.

Qu’en disent les principaux partis?

Pour mieux connaître les intentions des principaux partis en matière de santé durable, l’ASPQ leur a envoyé un questionnaire le 25 août dernier à la suite de l’annonce du déclenchement imminent de la campagne.

L’ASPQ leur a posé les questions suivantes pour savoir si et comment leur parti s’engage à :

  1. Augmenter rapidement le financement de la santé publique québécoise pour atteindre au moins 5 % des dépenses du ministère de la Santé et des Services sociaux de façon récurrente ?
  2. Se doter d’un budget augmenté et garanti pour soutenir les actions de prévention et de promotion en santé dans l’ensemble des ministères afin d’investir dans des projets, campagnes, programmes et infrastructures visant à soutenir un mode de vie sain et à prévenir les maladies chroniques ? Contribuer spécifiquement à la réduction de la consommation d’alcool et de ses méfaits ?
  3. Mener des initiatives pour garantir des conditions de vie décentes à chaque Québécois·e en portant une attention particulière aux plus vulnérables ?
  4. Favoriser l’accès aux données à des fins de recherche de façon prioritaire ?
  5. Protéger durablement l’environnement :
    a. en assurant l’atteinte des cibles de réduction des gaz à effets de serre ?
    b. en accélérant le verdissement des villes et des établissements publics et en protégeant les milieux naturels ?
    c. en investissant dans les activités de recherche, d’adaptation et de communication en matière de lutte contre les changements climatiques, notamment dans le domaine de la santé publique ?

Réponses des partis

Autres réponses à venir. Celles-ci sont ajoutées au fur et à mesure de leur réception.

Autres engagements essentiels à la santé durable

L’ASPQ chapeaute deux vastes regroupements de partenaires qui réclament également des engagements fermes du gouvernement pour intensifier la mise en place d’environnements favorables aux saines habitudes de vie et la lutte aux changements climatiques, soit :

• la Coalition québécoise sur la problématique du poids (Coalition Poids), qui réunit plus de 700 partenaires dont plus d’une centaine d’organismes;
• le Réseau d’action pour la santé durable du Québec (RASDQ) qui rassemble une vingtaine d’organisations représentant plus de 150 000 travailleuses et travailleurs du milieu de la santé et des services sociaux.

Visitez leurs sites web pour découvrir leurs missions et priorités.

Un débat électoral à revoir !

En collaboration avec l’Association des spécialistes en médecine préventive, le Centre de recherche en santé publique CReSP, le CIRANO et l’École de santé publique de l’Université de Montréal, nous avons organisé un débat pour mettre la santé publique au cœur de la campagne électorale provinciale.

Tenu le 13 septembre 2022 au Pavillon Mil de l’Université de Montréal et webdiffusé, vous pouvez revoir les échanges à partir de la vidéo de notre chaîne YouTube en cliquant ICI !

En résumé

Au moment des élections fédérales, la pandémie faisait encore des dégâts majeurs auprès de la population et tout particulièrement auprès de certains groupes plus vulnérables. D’autres crises, comme les maladies chroniques et les changements climatiques, continuaient aussi à menacer grandement notre capacité à soigner la population à court, moyen et long terme. L’ASPQ avait ainsi ciblés les priorités d’action suivantes pour le futur gouvernement : De défis… à engagements essentiels !

Engagements des principaux partis

L’ASPQ a posé les questions suivantes aux principaux partis politiques fédéraux.

Votre parti s’engage-t-il à :

  1. Investir dans des projets, campagnes, programmes et infrastructures visant à soutenir un mode de vie sain et à prévenir les maladies chroniques?
  2. Développer et investir spécifiquement dans une stratégie dédiée à la réduction de la consommation d’alcool et de ses méfaits ?
  3. Mener des initiatives pour garantir des conditions de vie décentes à chaque Canadien.ne en portant une attention particulière aux plus vulnérables ?
  4. Protéger durablement l’environnement :
    a) en assurant l’atteinte des cibles de réduction des gaz à effets de serre ?
    b) en accélérant le verdissement des villes et des établissements publics et en protégeant les milieux naturels ?
    c) en investissant dans les activités de recherche, d’adaptation et de communication en matière de lutte contre les changements climatiques, notamment dans le domaine de la santé publique ?

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