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// Communiqué de presse

Réduire la maladie au Québec est possible

Un nouveau livre collaboratif

Montréal, 1er février 2024 – Alors que les urgences débordent, et que le Québec peine à répondre à la demande en soins des Québécois·es, l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) et une diversité d’actrices et acteurs des milieux de la santé publique, de la recherche et du communautaire joignent leurs savoirs scientifiques et expérientiels dans un livre collaboratif, intitulé le Livre de la réduction de la maladie au Québec. Ce livre a pour objectif de dresser un bilan des causes évitables de maladie au Québec, et d’offrir des solutions radicales pour agir en amont des centres de soins et bâtir un véritable système de santé.

Réduire la maladie : une entreprise urgente et réalisable

Le Québec a du mal à répondre dans un délai raisonnable, et ce depuis plusieurs années, à la demande en soins de sa population. Et l’avenir ne s’annonce pas plus heureux. Notre système de santé est confronté à des défis contemporains qui causent une augmentation de la maladie à gérer : vieillissement de la population, mode de vie, changements climatiques, inégalités socio-économiques, etc.

Les indicateurs sont au rouge : accès difficile à un médecin de famille, listes d’attente préoccupantes, lits manquants, épuisement et pénurie de personnel, recours au temps supplémentaire, grèves inédites dans le secteur, etc. Si la gestion de la maladie accapare aujourd’hui la plus grande part du budget québécois, soit un montant d’un milliard de dollars par semaine, et que celui-ci est en augmentation, combien de temps avons-nous avant de voir le système s’écrouler ? Jusqu’à quel point la gestion de la maladie va-t-elle prendre une place démesurée dans notre société ?

« Moins de maladies, c’est moins de coûts pour la société, moins de souffrances inutiles et c’est aussi un meilleur accompagnement des patient·es qui ont besoin de soins en libérant de l’espace occupée par des maladies évitables. Intensifier la prévention dans divers secteurs est indispensable à un réseau plus humain, performant et résilient », rappelle Thomas Bastien, directeur général de l’ASPQ

Bientôt, si on ne freine pas les dépenses liées à la gestion de la maladie, on devra amputer d’autres secteurs et projets importants pour la population. « On peut diminuer le besoin et la dépense en soins tout en continuant d’offrir de bons services en investissant davantage dans la prévention et la promotion de la santé. Il faut agir davantage sur les causes évitables des maladies », explique M. Bastien.

Un livre porteur de solutions

« Il est urgent d’entamer une transition pour opérer un système au service de la réduction de la maladie. Notre livre constitue les premières pages de cette histoire essentielle. Il est le socle d’un Plan santé 2.0 qui complète la première partie sur la qualité de l’expérience patient·e dans le système de soins. Il accompagne le réseau de la gestion de la maladie et ses partenaires vers un véritable système de santé, » ajoute M. Bastien.

Un plan santé 2.0 requiert :

  1. Une reconnaissance de la réduction de la maladie comme l’un des piliers d’un réseau de la santé et des services sociaux plus efficace et plus humain, et de la nécessité d’adopter cette approche pour la réussite et la pérennité de la transformation en vue ;
  2. L’élaboration d’un plan d’action sur la réduction de la maladie au cœur du système – un Plan santé 2.0 intégrant la réduction de la maladie aux autres actions proposées par le gouvernement dans le Plan initial ;
  3. Des investissements en réduction de la maladie dans des poches budgétaires déjà connues du gouvernement, ayant pour cible la promotion de la santé.

Ce livre s’adresse aux décideuses et décideurs de tous les paliers politiques et les invite à gouverner la santé globale des Québécoises et Québécois et non la maladie. Toutes les personnes susceptibles d’influencer les différents milieux de vie où évolue la population sont aussi appelées à contribuer à cette ambition de mettre en place un véritable système de santé au Québec.

Citations

« Les maladies du cœur et l’AVC sont deux des principales causes de décès au pays, et près de 80 % des affections précoces peuvent être évités grâce à des comportements sains. La prévention des maladies du cœur et de l’AVC commence donc par la connaissance des facteurs de risque. L’adoption d’une approche de réduction de la maladie, incluant l’accès à un environnement sain, est donc primordiale pour aider les différents systèmes de santé, » Marc-André Parenteau – Conseiller principal, Affaires gouvernementales et défense des intérêts, Québec, à Cœur + AVC.

« Les données disponibles nous révèlent que chaque dollar investi en prévention et en promotion de saines habitudes de vie permet d’économiser 5,60 $ sur les dépenses en soins de santé. Et si on ajoute à cela l’accompagnement de professionnel·les qualifié·es, pour faciliter la mise en place et l’adhésion au plan, on obtient de bien meilleurs résultats !  Par exemple, si le réseau développait un « réflexe kinésiologie », on pourrait davantage réduire le fléau de la sédentarité de manière durable et ce serait tou·te·s les citoyen·es qui en bénéficieraient ainsi que le portefeuille collectif, » Valérie Lucia – Directrice générale de la Fédération des kinésiologues du Québec.

« Le Livre de la réduction de la maladie orchestré brillamment par l’ASPQ nous rappelle l’incontournable nécessité d’agir en amont de la maladie et de viser l’élimination des iniquités de santé, le principal obstacle à une société saine. Cet ouvrage ne peut se faire qu’en impliquant tous les secteurs de la société tant en recherche, dans la pratique que dans la prise de décision, et pas uniquement notre système de soin.  Ce n’est qu’à la condition d’un tel travail collectif que nous pourrons parvenir à des milieux de vie sains et justes pour tous les vivants. » – Johanne Saint-Charles, Directrice de l’Institut Santé et Société.

À propos du Livre

L’élaboration du Livre de la réduction de la maladie a été rendue possible grâce à la contribution de l’ASPQ, de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), du Conseil québécois sur le tabac et la santé (CQTS), du Réseau francophone international pour la promotion de la santé (REFIPS), de Cœur + AVC, du Réseau canadien pour l’usage approprié des médicaments et la déprescription, de L’Anonyme, du Regroupement intersectoriel en santé de l’Université du Québec (RISUQ), du Réseau québécois de recherche sur le sommeil, du Réseau d’action pour la santé durable du Québec (RASDQ), de la Fédération des kinésiologues du Québec, de l’Université de Sherbrooke, de la Société canadienne du cancer, Data Lama, du Collectif Vital, de l’Institut Santé et Société, de l’Université du Québec à Montréal, du Groupe Entreprises en santé, de l’Observatoire québécois des inégalités, et du Mouvement pour l’autonomie dans l’enfantement.

À propos de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ)

L’ASPQ regroupe citoyens et partenaires pour faire de la santé durable, par la prévention, une priorité. L’ASPQ soutient le développement social et économique par la promotion d’une conception durable de la santé et du bien-être. La santé durable s’appuie sur une vision à long terme qui, tout en fournissant des soins à tous, s’assure aussi de les garder en santé par la prévention. www.aspq.org.

Contact

Véra Ferret, Responsable des relations publiques
Association pour la santé publique du Québec
Cellulaire : 450-626-8879 — Courriel : vferret@aspq.org

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